Les œuvres canadiennes rejoignent un public plus vaste que jamais. On peut y accéder en tout temps et en tout lieu à l’aide d’une application ou d’un téléphone :

  • La diffusion de musique en continu est la source de revenus qui connaît la croissance la plus rapide dans l’industrie. Non seulement le nombre d’abonnés aux services de diffusion de musique en continu est-il passé de 41 à 68 millions en 2015, mais des services de téléversement financés par la publicité comme YouTube et SoundCloud comptaient alors près d’un milliard d’utilisateurs.
  • En 2008, les ventes de livres numériques comptaient pour 1 pour cent du marché canadien. En 2015, ce chiffre atteignait 18 pour cent. Selon les recherches de PwC, en 2018, la part de marché des livres numériques sera de 52 pour cent dans le marché de l’édition grand public et de 37 pour cent dans celui de l’édition des secteurs grand public, éducatif et professionnel.

Les créateurs ont ouvert la marche au moment où le Canada passait au numérique, mais ils doivent aujourd’hui se battre pour y gagner leur vie. Le créateur de classe moyenne est en train d’être éliminé de l’économie canadienne et la créativité à plein temps est en voie de disparition :

  • En 2011, les artistes indépendants ont gagné en moyenne 7 228 $ grâce à leurs activités de nature musicale, soit des revenus insuffisants pour leur permettre d’envisager une carrière musicale à plein temps. En moyenne, la majorité des artistes n’ont pu consacrer que 29 heures par semaine à leur carrière musicale.
  • Il devient de plus en plus difficile aux auteurs canadiens de vivre de leurs œuvres. En prenant en compte l’inflation, on constate que les revenus littéraires de 2015 de nos auteurs ont été inférieurs de 27 pour cent à leur niveau de 1998. Le revenu moyen des auteurs se situant en dessous du seuil de la pauvreté, la Writers’ Union of Canada prévoit que les auteurs seront de plus en plus nombreux à abandonner leur métier pour s’engager dans d’autres activités.
  • Le revenu moyen des dramaturges canadiens était de moins de 10 000 $ en 2004.

Les œuvres de création sont de plus en plus utilisées pour monétiser la technologie sans que les créateurs touchent de rémunération adéquate :

  • La consultation de services de diffusion de musique en continu financés par la publicité comme YouTube et SoundCloud augmente de façon spectaculaire – croissance de 63 pour cent en 2014 et de 101 pour cent en 2015 – sans que les ayants droit puissent en profiter proportionnellement. L’année dernière, les redevances liées à ces services n’ont augmenté que de 31 pour cent (malgré une augmentation d’utilisation de 101 pour cent) et ne comptaient que pour 4 pour cent des revenus globaux. Cela a entraîné la création d’un «fossé de valeurs».
  • Alors que les livres numériques sont moins chers à produire que leurs homologues physiques, la Writers’ Union of Canada a déterminé que les redevances de 25 pour cent que la plupart des auteurs touchent pour les ventes numériques sont disproportionnellement faibles.